Nord-Pas de Calais - Créateurs d'horizons

Gros plan sur la villa Cavrois depuis le parc

La Villa Cavrois – Croix

En 1932, l’architecte Robert Mallet-Stevens livre à Paul Cavrois, industriel roubaisien du textile, une Villa de 6à mètres de long et de 3000 m2 de surface.
Cette vidéo vous montre ce chef-d’œuvre du Modernisme administré aujourd’hui par le Centre des Monuments Nationaux.
Découvrez ce joyau au cœur de la métropole lilloise, non loin du célèbre musée La Piscine.

Les Cavrois retrouvent leur villa

Lors d’une rencontre fortuite, Paul Cavrois choisit la notoriété de l’architecte Robert Mallet Stevens pour le projet de sa maison. Le côté dandy du personnage contraste avec l’austérité de l’industriel, cependant, les deux protagonistes se respectent. L’un ravi de se démarquer de son milieu tient les rênes budgétaires tandis que l’autre exploite sa créativité avec de magnifiques matériaux. La demeure familiale file un bonheur parfait où rire et complicité des sept enfants s’animent jusqu’à s’estomper pour laisser place à l’armée allemande qui la réquisitionne à partir de 1940. Rien ne va plus ! Pillée, squattée, saccagée puis laissée à l’abandon pendant plus de 20 ans, elle est sauvée in extremis par les Monuments Historiques de France et la pression de toute une population. Une rénovation qui tient du miracle !

Gros plan sur une partie de la villa donnant sur le parc
  • La vue sur l'agglomération de Lille-Roubaix-Tourcoing
  • © Adeline Vendeville
À Monsieur et Madame Cavrois qui m’ont permis, grâce à leur clairvoyance, leur mépris de la routine et leur enthousiasme, de réaliser cette demeure. Avec toute ma gratitude et la fidélité de mon amitié. - Février 1934 - Robert Mallet Stevens

Passez la porte de l’anticonformisme

L’étincelante façade de briques à parements jaunes se reflète dans le miroir d’eau du jardin et offre aux spectateurs un décor théâtral. L’entrée de la villa donne sur un vaste vestibule black and white et stipule par ses jeux de lumières indirectes que l’action se passera ailleurs. Comme au Cluédo passez au grand salon où le parquet d’origine côtoie des marches en marbre de Sienne, puis continuez dans la salle à manger des parents attenante à celle des enfants. Partout, les matériaux sans bling-bling sont d’une luxueuse austérité. Non loin l’office et la cuisine aux volumes cylindriques sont aussi aseptisés qu’une salle d’opération, blanches, claires et nickel chrome. On poursuit jusqu’au fumoir où monsieur savoure ses havanes avant d’accéder à son bureau de chef d’entreprise.

Le vestibule à la lumière indirecte donne sur l'entrée du grand salon
  • Passage au grand-salonPassage au grand-salon
  • © Adeline vendeville

La visite continue

L’une des chambres de jeunes -homme se distingue par sa polychromie et son décor ultra moderne de meubles, lits, luminaires rappelant un tableau de Mondrian. Empruntez le grand escalier où l’immense baie vitrée verticale donne sur le parc et conduit à l’aile des parents. La salle de bains de taille gigantesque et lumineuse impressionne et nous laisse rêver rien qu’un instant « vivre à la Cavrois ». En peignoir blanc sortant de la douche multi- jets on imagine la séance rasage, pesage, maquillage ou parfumage… un plaisir divin ! En sortant, on accède à la chambre raffinée des parents puis l’univers de Madame, un écrin moderniste où le bois blond domine, son boudoir. Enfin les chambres des enfants se partagent, filles d’un côté, garçons de l’autre et au second étage une salle de jeux et salles d’études conçues rien que pour eux.

Une partie de la salle de bain, douche, pèse-personne et étagères
  • La lumineuse salle de bain
  • © Adeline Vendeville

Un décor sur mesure

Dans les moindres détails Mallet Stevens pense cette demeure, jusqu’à l’extrême parfois, puisqu’il se renseigne sur la taille de chemise de son client pour concevoir la profondeur des tiroirs de son meuble. Plus qu’un architecte, il met en scène la vie quotidienne de cette famille bourgeoise. La caméra tourne dans un espace où chaque pièce est étudiée, décorée, meublée et adaptée aux membres de la fratrie. Vous êtes bluffé de la modernité et de l’avant-gardisme qui se joue aussi dans le confort : chauffage central, éclairage indirect, ascenseur, haut-parleurs dans toutes les salles. Lorsque Paul Cavrois s’installe dans « son œuvre d’art » à la campagne, vous vous doutez que la gente roubaisienne des grandes familles du Nord a dû s’indigner et le prendre pour un fou.

Le grand escalier est éclairé par une grande baie donnant vue sur le parc
  • Le grand escalier est éclairé par une grande baie donnant vue sur le parc
  • © Fanny Fouquet

Longue vie à la Villa !

Le miroir d’eau du jardin semble être le point d’amarrage de la villa-paquebot, son reflet donne de l’ampleur au jardin, au parc tout entier (17 600 m2) et vous incite à la balade. La visite du site est interactive, les tablettes vous dévoilent toutes les archives retrouvées et l’importance du travail de restauration. A travers des anecdotes, histoires, évènements, secrets, les guides de l’Office de tourisme de Roubaix revivent avec vous le quotidien de cette maison et son évolution. La villa Cavrois a de belles perspectives. Dès 2016 , toujours dans un esprit avant-gardiste, elle vous nourrira d’expositions, de rencontres et de projections sur ses thèmes de prédilection : l’architecture et le design.

La villa dans le miroir d'eau
  • La villa dans le miroir d'eau
  • © Adeline vendeville